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Circulaire Castaner : les petites communes d’Occitanie reviennent dans le jeu des municipales


Exit la première circulaire dite “Castaner” proposée le 10 décembre. Celle-ci a été suspendue par le Conseil d’Etat vendredi 31 janvier.

Dans sa première version, la circulaire devait prendre en compte uniquement les résultats des communes de 9 000 habitants et plus pour calculer le score de chaque parti politique au niveau national.

Dans ce cas de figure, 96% des communes françaises auraient été exclues. Et le vote de 54% des électeurs n’aurait pas compté dans la moyenne nationale. La mesure est alors unanimement dénoncée par l’opposition.

C’est dans les communes entre 3 500 et 9 000 habitants que le Rassemblement national fait ses meilleurs scores,
explique Emmanuel Négrier, politologue au CNRS de Montpellier.

Donc supprimer cette strate de population-là des résultats à l’échelle nationale, c’était une tentative de la part du gouvernement de faire disparaître un certain nombre d’informations sur le vote d’une grande partie des électeurs.”

Une stratégie qui aurait permis de gonfler artificiellement les scores de La République en Marche, le parti présidentiel, plus performant dans les agglomérations. Et de minimiser ceux du Rassemblement national.

Nouvelle circulaire

Suite à l’intervention du Conseil d’Etat, Christophe Castaner a revu sa copie mardi 4 février.

Cette fois-ci, c’est le seuil de 3 500 habitants qui a été retenu, comme lors des élections municipales de 2008. Seules les listes des communes de plus de 3 500 habitants et des chefs-lieux d’arrondissement se verront donc attribuer une étiquette. Et celles-ci seront comptabilisées à l’échelle nationale.
 

Revenir à un seuil sur lequel on a des données historiques, c’est extrêmement important pour connaître son évolution”, indique Emmanuel Négrier.

9 000 habitants, c’était une supercherie du gouvernement. Là, on revient à un seuil correct.

Avec cette nouvelle circulaire, la stratégie initiale de la République en Marche tombe à l’eau. “La dissimulation des potentielles victoires du Rassemblement national sera moindre avec ce seuil à 3 500 habitants”, estime le politologue.

Quels changements pour l’ex Languedoc-Roussillon ?

L’ex-région Languedoc-Roussillon comprend au total 1 557 communes. Avec la première circulaire Castaner, seule la couleur politique des communes de 9 000 habitants et plus aurait été comptabilisée dans les résultats nationaux.

En Languedoc-Roussillon, cela aurait correspondu à 37 communes. Ce sont alors les résultats électoraux de 97,6% des communes (1 520) de l’ancienne région qui auraient disparu des statistiques nationales.

© FTV
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Finalement, avec cette nouvelle circulaire, les communes de 3 500 habitants seront prises en compte nationalement. Ce sera le cas, par exemple, de Villeveyrac (4 000 habitants).

Cette commune de l’Hérault se verra finalement attribuer une étiquette. « Si je suis réélu, je serai considéré comme Divers Gauche car je siège au conseil départemental, alors que je suis sans étiquette, détaille le maire Christophe Morgo.

Il faudrait prendre toutes les communes en compte, pas seulement celles de plus de 3 500 habitants ! C’est un manque de respect par rapport aux élus des petites communes. C’est vrai que certains ne sont pas encartés mais d’autres le sont et le revendiquent.

Cette fois, 158 communes de Languedoc-Roussillon (10,1%) seront comptabilisées au niveau national, soit 121 de plus qu’initialement avec la première circulaire.

© FTV
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Dans une région où on s’attend à un vote important en faveur du Rassemblement national, la question des étiquettes politiques, et le nombre de victoires des différents partis, sera cruciale au soir du 22 mars prochain.
 



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